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A la toute fin de l'année 2025, à quelques jours de ses 96 ans, André TALPIED s'en est allé...
Ancien maire d'Ifs et compagnon de route de la Gauche Citoyenne-Ifs, un hommage émouvant lui a été rendu par Alain GRUENAIS lors de la dernière séance du conseil municipal 
Hommage à André Talpied
Texte lu en début de Conseil municipal d’Ifs, le lundi 15 décembre 2025
A quelques jours de son 96ème anniversaire, le cœur d'André s’est éteint. S’il a d’abord battu fortement pour Colette, son épouse adorée et la famille qu’ils ont fondée, il a toujours animé cet homme de conviction, apprécié pour sa courtoisie, sa distinction, son écoute de points de vue qu’il découvrait ou ne partageait
pas.
De formation technique, l’ouvrier tourneur de l’après guerre est devenu ingénieur en suivant les cours du CNAM.
Attaché à la justice sociale, à la démocratie, contre les inégalités, soucieux de permettre l’émancipation par la culture et l’éducation, il s’est engagé au PS durant une période, et dans des associations (Enfance et Partage). Il menait en même temps une vie professionnelle (Radiotechnique au nord de Caen, et
encadrement d’une entreprise aux Philippines).
Elu de Ifs durant 4 mandats, de 1959 à 1977, puis de 1989 à 1995, il a contribué à ce que le village (1263 hab en 1954) s’adapte à l’essor démographique des années 1960/1980 en limitant l’écueil de la ville-dortoir (1975 : 4574 hab, 1986 : 6550 hab).
D’abord conseiller d’une liste d’Intérêt Communal, il devient maire par intérim nommé par le Préfet du fait de dysfonctionnement communaux, en particulier financiers.
De mars 1971 à 1977, il anime une équipe de gauche qui réalise les assainissement financiers nécessaires, en informant régulièrement les habitants par un bulletin. L’agrandissement du Bourg se fait par une planification de constructions (Zone d’Aménagement Concerté) créant la place Debussy, l’avenue de Normandie,...en mixité sociale qui mêle logements collectifs et pavillons en privatif et locatif. Le tout pourvu de belles plantations (dont 3 cèdres). Sont créés les écoles Paul Fort (maternelle) et Jacques Prévert(CP), la
Résidence de Personnes Agées en lien avec un bailleur au vu de l’insuffisance des finances de la commune, un marché hebdo alors rue de Provence.
En avril 1976, le Plan d’Occupation des Sols (le 1er) est présenté aux habitants dans la salle des fêtes rue de la République de manière pédagogique. Devant l’insuffisance du service postal, en 1973, des
démarches sont engagées pour obtenir un ’’bureau de poste en plein exercice’’. Réalisé en 1982. André noue des contacts avec les maires des communes voisines, dont Caen. Si certaines rechignent à partager leur juteuse taxe professionnelle, le District de Caen est cependant réalisé en 1973 avec Caen et 7 autres communes dont Ifs. C’est aussi la marche vers une Station d’Epuration intercommunale, avec la construction d’’un grand émissaire collecteur’’. En 1976, du fait de la pollution de l’air par le charbon du port de Caen, l’ESPAC est créé pour l’analyse et le suivi de la qualité de l’air, et André y est actif.
Aujourd’hui encore, des lieux d’Ifs témoignent de sa vie et de ses engagements pour l’intérêt général.
La Plaine, encore peu peuplée lors de sa naissance, et la rue Aristide Briand où il vivait, rue tracée dans les champs de son grand-père qui mit en œuvre un des 1ers lotissements ifois en 1934, aux maisons étroites et hautes, aux murs de moellons calcaires.
L’école communale était alors au Bourg, près de la mairie (actuelle place de l’Ancienne Mairie). André gardait un souvenir fort de son instituteur, secrétaire de mairie, qui l’encouragea à poursuivre au-delà du Certificat d’Etudes.
Cette rue évoquait également la terreur de l’adolescent de 14 ans de l’été 1944, lors d’un survol de la rue à très basse altitude par un avion mitraillant en continu.
Dépassant ces durs souvenirs, André évoquait à peine son rôle dans l’action menée lors de la reconstruction de l’église du Bourg en 1955: où était passée la chaire de la nef, objet magnifique du 16è
siècle ? Un enquêteur perspicace la localisa dans les ruines de l’Abbaye d’Ardennes, au nord de Caen.
André, jeune conseiller municipal, fut de la petite équipe qui la ramena sans mot dire !
Soucieux d’éducation musicale, André, mandaté part son maire en 1968, agit pour la création d’une école de musique municipale. Il s’adressa au Directeur du Conservatoire de musique de Caen, M.Dautel. Ainsi conseillé, il permit le recrutement de 5 professeurs. L’un d’eux, Pierre Dutot, professeur de trompette, souhaitait faire comprendre les passages du souffle dans l’instrument. André, dessinateur industriel, fit fabriquer une embouchure en plastique transparent à son usine, la Radiotechnique. Le local mis à disposition de la jeune école (140 élèves en 1970) nécessitait une remise en état( près de l’actuel rond-point rue de Saintonge/Ancienne Mairie). Professeurs, parents, élus s’y attelèrent ! Pour mieux sensibiliser à la musique, et participer à la rétribution des professeurs, une Association de Parents d’élèves de l’Ecole de Musique est créée, soutenue par la municipalité, via André.
La Ferme Saint Bernard : André, maire, en signe l’achat en décembre 1973 après de longues tractations. D’abord avec le Conseil Général, qui souhaite exproprier la cour de la ferme pour prolonger un chemin départemental. André réussit à le convaincre de plutôt subventionner l’achat de la Ferme (100 000 fr sur les 250 00fr de l’achat). Ce qui fit changer d’avis des élus jusqu’alors récalcitrants à acheter de « vieilles pierres » !
La Forêt : il fut l’un des animateurs du projet et de son suivi en 1990/91, avec le soutien du Département. Il en suivait régulièrement la gestion et y passait très régulièrement, soucieux de renforcer la place de l’arbre dans la ville.
A la même période, l’Espace Jean Vilar était en gestation mais le projet initial de salle culturelle polyvalente n’aurait pas recueilli de subvention. D’où le choix municipal d’une belle salle de spectacle / théâtre. Il a eu également une responsabilité dans l’organisation des quartiers de l’Europe, d’abord, puis du Canada, facilitant aussi les cheminements intra et inter quartiers qui ravissent aujourd’hui les marcheurs.
Plus tard, il aida à la structuration de l’association des jardins familiaux, rue du Nunavut et accompagna l’extension du cimetière de Nampioche, qu’il visitait très régulièrement depuis le décès de Colette en 2021.
Soucieux de promouvoir une offre de transports public, il obtint de la ville de Caen la prolongation de sa ligne de bus de la Guérinière jusque La Plaine et le Bourg. Mais dans la fin des années 1990, l’ingénieur affirmait son opposition technique au choix du TVR à galet directionnel, au vu des pentes conséquentes sur le trajet. Le taux de pannes a ensuite conduit à son abandon pour l’actuel tram-fer !
Ses talents de dessinateur et de menuisier, André les a mis dans la fabrication de boîtes à livres, avec la Gauche citoyenne. Une seule d’entre elles a survécu aux énervés incendiaires dans la clairière aux jeux de la forêt. André se questionnait sur ces actes, comme si ces personnes ressentaient cet outil de lecture et de liberté comme une provocation. Peut-être, mais comment vivre ensemble ? Celle de la place des Jonquilles est un beau témoin d’un travail collectif qu’il a animé.
Soucieux de partager et de transmettre, André fut le chroniqueur des séances municipales et du District dans la « Gazette de Ifs » durant les années 1990. Puis en 2011, il a contribué à façonner le Groupe Patrimoine. Il en était l’âme, le référent méthode et le fédérateur discret. Avec lui, ont été réalisées des expositions, des vidéos, des rencontres fructueuses avec des classes, des balades. Au Parc Archéo, la frise d’entrée et des textes de panneaux lui doivent beaucoup. Les 12 panneaux du Circuit Patrimoine installés en 2023 également.
Enfin, le 14 mars dernier, lors d’une rencontre avec les équipes enseignantes des 3 écoles pour un projet ‘’Millénaire d’Ifs’’, sa présentation de repères chronologiques pour des scénettes des enfants a séduit et mené à une belle réussite avec 9 classes le 3 juin.
André, l’humaniste éclairé, engagé, humble et désintéressé, séduisait par la vivacité de sa réflexion, son humour, sa capacité à faire réfléchir. Il nous a marqués par son implication en posant de nombreux repères pour mieux vivre ensemble. Pourtant, profondément, il s’inquiétait d’évolutions générales contraires, dans les tensions de puissances, dans l’aggravation des inégalités, dans le recul de la tolérance.
Plus localement, il était préoccupé par une densification urbaine verticale aux dépens de la proximité apaisante de la nature et des arbres.
Puisse-t-il être entendu ?
La Gauche Citoyenne-Ifs soutient :
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